© Emma Sarpaniemi by Two Ways to Carry a Cauliflower 

À travers plus de quarante expositions installées dans divers lieux patrimoniaux exceptionnels de la ville, les Rencontres d’Arles contribuent chaque été depuis 1970 à transmettre le patrimoine photographique mondial et se font le creuset de la création contemporaine.

La Finlande y est très bien représentée par ses quatres artistes qui sont exposées au cadre de l’exposition Søsterskap: Raakel Kuuka, Yeboyah, Emma Sarpaniemi et Lada Suomenrinne. Le projet Søsterskap met en avant le rôle crucial joué par plusieurs générations de photographes dans les pays nordiques.

SØSTERSKAP

PHOTOGRAPHES CONTEMPORAINES NORDIQUES

ÉGLISE SAINTE-ANNE
3 JUILLET – 24 SEPTEMBRE 2023
10H00 – 19H30

Ikram Abdulkadir (1995), Jeannette Ehlers (1973), Fryd Frydendahl (1984), Bente Geving (1952), Hallgerður Hallgrímsdóttir (1984), Annika Elisabeth von Hausswolff (1967), Heiða Helgadóttir (1975), Hilde Honerud (1977), Tuija Lindström (1950–2017), Monika Macdonald (1969), Hannah Modigh (1980), Eline Mugaas (1969), Raakel Kuukka (1955-2022) & Yeboyah (1996), Emma Sarpaniemi (1993), Lada Suomenrinne (1995) et Verena Winkelmann (1973).

Søsterskap met en évidence le rôle crucial joué par plusieurs générations de photographes dans les pays nordiques en posant sur l’État-providence un regard féministe intersectionnel. Surnommé le « modèle nordique », ce système, qui a grandement contribué à améliorer les conditions de vie et de travail de la population, se distingue par un secteur public qui assure à ses citoyens sécurité et services sociaux, parmi lesquels la garde d’enfants et l’éducation. Les valeurs phares qui le sous-tendent sont l’ouverture, la tolérance et la conviction que tous les citoyens sont égaux.

« L’État-providence est le meilleur ami de la femme », clame un slogan féministe.

Ainsi Søsterskap réunit divers photographes en activité depuis les années 1980. Issues du Danemark, de la Finlande, de l’Islande, de la Norvège et de la Suède, ces artistes – dont les approches varient, de la photographie documentaire à la photographie conceptuelle – étudient le contexte socio-politique de l’État providence. Ici, l’interaction entre la photographie et le modèle social démocratique est considérée comme indispensable à une juste appréhension du paysage photographique de ces régions.

À travers le prisme de la photographie, Søsterskap donne une visibilité au modèle nordique tout en interrogeant la friction entre le subjectif, le collectif et le politique à mesure que ceux-ci se déploient dans l’État-providence. La vie familiale, le travail, l’ethnicité, le colonialisme et la répartition genrée des tâches constituent une partie des sujets abordés par Søsterskap, qui n’occulte pas pour autant le côté sombre du modèle, où l’on trouve de l’exclusion et une croissance économique constante qui tend à accélérer la crise écologique globale.

COMMISSAIRES : ELINA HEIKKA, CHARLOTTE PRÆSTEGAARD SCHWARTZ, ANNA-KAISA RASTENBERGER, ÆSA SIGURJÓNSDÓTTIR, NINA STRAND, ANNA TELLGREN ET SUSANNE ØSTBY SÆTHER.