Institut finlandais

A I S T I T / coming to our senses

À venir

When our eyes touch

Artistes :

Axel Antas
Dafna Maimon
Laurent Millet

Commissariat :

Satu Herrala
Hans Rosenström

Le toucher est le premier sens à se développer chez le nourrisson et reste peut-être le sens au centre de nos émotions au cours de notre vie. Il est vital pour la santé émotionnelle et physique des êtres humains et des autres mammifères sociaux. Toucher et être touché, c’est reconnaître simultanément une connexion et une séparation en marge de soi, un mouvement de va-et-vient sur la zone frontalière de son corps. Mais comment toucher et être touché lors d’une pandémie mondiale, lorsque la proximité physique est devenue dangereuse voire potentiellement mortelle ?

When our eyes touch est le premier chapitre de A I S T I T / coming to our senses, une série d’expositions sur un an organisée par les Instituts finlandais du Bénélux, de France, d’Allemagne, de Grande-Bretagne et d’Irlande afin d’explorer la complexité de nos perceptions sensorielles et d’interroger leurs manières de nous façonner en tant qu’êtres humains. Les commissaires de l’exposition, Hans Rosenström et Satu Herrala, ont été invités à porter leur réflexion sur le thème des sens (“aistit” en finnois) ainsi que leurs dimensions physiques, politiques et technologiques contemporaines. Hans Rosenström est également un artiste dont la pratique est centrée sur des installations qui traitent de la relation psychologique et physique du spectateur dans un moment et un lieu donnés. Satu Herrala vit à Helsinki et est commissaire d’exposition, chercheuse et chorégraphe formée dans le domaine de la danse et des pratiques de mouvements somatiques.

En réunissant différents artistes autour d’une variété de pratiques visuelles et performatives, à la croisée de différentes localisations géographiques, A I S T I T / coming to our senses révèle un monde fragile, interconnecté et façonné par de multiples nuances.

Le titre de l’exposition fait référence à la question de Jacques Derrida à Jean-Luc Nancy : “Quand nos yeux touchent, fait-il jour ou fait-il nuit?” (1). Derrida écrit : “Si deux regards entrent en contact l’un avec l’autre, la question sera toujours de savoir s’ils se caressent ou se frappent – et où se situerait la différence.” Le toucher est une entrée dans le monde des corps où nous nous exposons à des menaces, mais où nous nous ouvrons aussi aux bénédictions de l’engagement corporel, à des profondeurs cachées que nous ne pouvons connaître autrement. Que se passe-t-il lorsque deux regards se rencontrent, non seulement pour voir l’œil et ce qui est visible, mais aussi pour atteindre la profondeur de l’autre ? Quand nos yeux se touchent, derrière des visages masqués, un regard peut agir comme une caresse, un geste affectueux et réconfortant. Nancy a ainsi formulé sa réponse à Derrida après le décès de ce dernier : ”Salut à la vision qui ne tient pas aux formes, aux idées, mais qui se laisse toucher par les forces.” (2)

Présente à Paris et dans le village francilien de Bazoches-sur-Guyonne à la Maison Louis Carré, l’exposition When our eyes touch se déploie sur les thèmes de la vulnérabilité du corps et de la vitalité du toucher. 

À la Galerie de l’Institut finlandais à Paris, les subtiles œuvres photographiques et vidéo d’Axel Antas et de Laurent Millet interrogeront la physicalité du regard et appelleront à mettre en œuvre notre empathie corporelle.

Présentée en juillet 2021 dans la Grande Salle de l’Institut finlandais, une œuvre intitulée Leaky Teeth a été commandée à Dafna Maimon à l’occasion de A I S T I T / coming to our sens par Dafna Maimon. Connue pour ses récits subversifs et ses décors physiquement engageants, Maimon invite les visiteurs à découvrir leur intelligence corporelle et leur interdépendance.

Maimon développe un univers vibrant en utilisant des techniques corporelles expérimentales, des matières attirantes et un humour absurde pour plonger le spectateur dans les cavités et les mystères du corps. L’exposition se compose d’une série de dessins, d’une installation et d’une pièce vidéo sur une femme des cavernes préhistoriques, qui fantasme sur un cours alternatif de l’histoire pour l’humanité, une histoire dans laquelle les humains reconnaissent leur existence comme poreuse et fluide et vivent dans un courant de réciprocité mutuelle, les uns avec les autres et avec leur environnement.

1) Derrida, Jacques. Le toucher – Jean-Luc Nancy. 2000. Éditions Galilée.

2) Tribune de Jean-Luc Nancy publiée dans le journal Libération suite au décès de Jacques Derrida.

A I S T I T / coming to our senses reçoit le généreux soutien de la Fondation Alfred Kordelin, la Fondation culturelle finlandaise, la Fondation Jenny et Antti Wihuri, le Ministère de l’Education et de la Culture (Finlande), la Fondation Niilo Helander et la Fondation Saastamoinen.

Accès libre au 60 rue des Écoles, 75005 Paris