Pour des raisons techniques (d’importants travaux dans nos locaux sont prévus) l’Institut finlandais n’est pas en mesure d’accueillir de cours de finnois à la rentrée 2018.

L’enseignement de la langue finnoise reste particulièrement bien représenté à Paris avec pas moins de trois universités proposant des cursus d’apprentissage de la langue.

COURS DU SOIR À L’INALCO
L’Inalco propose des cours du soir dans les langues qui y sont enseignées
(ouverture possible d’une classe à partir d’un minimum de 12 élèves).

Les cours ont lieu toutes les semaines de 19 h à 21 h à partir du 3 octobre et jusqu’à fin juin.

Chaque candidat doit remplir le formulaire d’inscription en ligne.
Le tarif est de 630 € pour un autofinancement, payable en 3 fois sans frais par carte bancaire.

Les informations concernant les cours du soir sont sur le site à la rubrique formation > formation continue > apprendre une langue : ICI

Calendrier sur le site

Planning des cours

APPRENDRE LE FINNOIS À PARIS

Université Paris IV (Sorbonne)
UFR : Études Germaniques et Nordique
Enseignement du finnois et de la culture finlandaise disponible en option (niveau débutant et intermédiaire)
Plus d’informations ici

Université Paris III (Sorbonne Nouvelle)
Mineure de finnois dans le cadre des études d’anglais ou de Sciences du langage
Plus d’informations ici

INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales)
Cursus complet de langue et culture finlandaise dans le Département Europe Centrale et Orientale
Plus d’informations ici

APPRENDRE LE FINNOIS À CAEN

Université de Caen
Département des études nordique
Plus d’informations ici

Renseignements Institut finlandais, 60 rue des Écoles, 75005 Paris Tél.
01 40 51 89 09 / michael.toledano@institut-finlandais.fr

Liens utiles
Dictionnaires finnois-français, finnois-anglais (en français) www.lexilogos.com/
Dictionnaire finnois – anglais  http://www.sanakirja.org/
Finnois pour les touristes (en français, en anglais) www.travlang.com/languages/ Lieux pour apprendre le finnois (en français) www.inalco.fr www.unicaen.fr

Le finnois par ceux qui l’aiment :

Une seule langue officielle pour l’Union Européenne : le finnois !

A l’heure où le principe de facilité semble gouverner nos vies et où un anglais appauvri s’impose en Europe, il me semble pertinent de proposer de faire du finnois la seule langue officielle de l’Union Européenne.

Quelques exemples suffisent à démontrer les vertus éducatives de la langue finnoise. L’alternance consonantique et l’harmonie vocalique sensibilisent le locuteur à la musique et à la logique. Régies par des lois d’une grande limpidité, elles s’imposent naturellement et la maîtrise de l’orthographe en est facilitée. Foin de l’anarchie torve de l’orthographe française qui interdit toute promotion sociale à des pans entiers de la population ! Grâce au finnois, l’égalité des chances deviendrait enfin partout une réalité.

Les quinze cas du finnois requièrent autant qu’ils développent souplesse et rigueur intellectuelles. Leur implacabilité nous force à nous interroger sur les fondements même de notre discours. L’incomparable système des cas locatifs permet d’éviter tout malentendu. La transformation est identifiée d’emblée par le translatiivi. L’essiivi décrit, entre autres, un état sans limiter étroitement une personne à ce qu’elle est à un moment donné. Contrairement au français dont les cloisons rigides bloquent la parole tout autant que l’ensemble des rouages de la société, le finnois est enclin à l’ouverture. On accompagne d’un simple komitatiivi, on indique l’appartenance d’un doux genitiivi et le manque ou la privation d’un explicite abesiivi : sa désinence claquante (-tta/ttä) nous renvoie d’un seul coup à notre destin d’êtres imparfaits éternellement insatisfaits. Il est cependant regrettable que l’abesiivi soit de plus en souvent remplacé par une banale préposition (ilman) suivie de l’omniprésent partitiivi, de même qu’on ne peut que s’attrister de la disparition du prolatiivi, qui exprime le lieu à travers lequel se déroule un mouvement, de l’eksessiivi, qui désigne le rôle ou du multiplikatiivi utilisé pour les nombres. Les noms des cas sont déjà une invitation à l’étude : l’intérêt des adolescents ne serait-il pas stimulé si leur professeur commençait son cours d’un exaltant « Aujourd’hui, nous allons apprendre l’excessif  » ? En finnois, l’infinitif se décline et le verbe se substantivise. De prime abord, c’est un peu déroutant mais bientôt l’on s’insurge de ne pas trouver d’équivalents dans sa propre langue, tant ces deux particularités offrent une fluidité inédite au discours.

Le fait qu’il n’y ait pas de genre en finnois soulagerait contre leur gré la mauvaise conscience des machistes d’arrière-garde qui hantent toujours les pays fondateurs de l’Union sans heurter les oreilles des puristes, et permettrait indubitablement à la Finlande d’exporter son modèle d’égalité des sexes, ce qui suffit amplement à justifier l’adoption d’une loi ô combien nécessaire.

Pour une société vraiment égalitaire et pour l’épanouissement de tous, que le finnois devienne la nouvelle lingua franca !

Bénédicte Villain

Ce n’est qu’après plus de deux ans d’études de finnois que j’eus l’occasion de faire passer à cette langue ce que j’ai coutume d’appeler l’épreuve du flirt, qui consiste à tenter de séduire une personne du sexe opposé dans la langue fraîchement apprise pour vérifier que cette dernière nous corresponde vraiment, soit propre à traduire nos sentiments et nos désirs intimes. Dans le cas du finnois, la jeune personne qui se prêta avec moi à cet exercice était une ravissante demoiselle venue d’Oudmourtie (une mystérieuse république russe), étudiante en langues finno-ougriennes, et qui, à ma grande satisfaction, ne parlait pas un mot d’anglais, ce qui nous contraignait à nous entretenir en finnois en toutes circonstances.

Comme le lecteur s’en doute déjà, mon premier entretien à visée franchement séductrice avec cette personne se passa fort bien, et j’en garde une éternelle reconnaissance envers la langue finnoise, qui sut si bien se faire le véhicule de nos aspirations et épanchements mutuels. Mais, si l’on y réfléchit, quoi d’étonnant à cela ? N’apparaît-il pas bien manifestement, dès le moment où l’on découvre le finnois, qu’il s’agit d’une langue aux potentialités érotiques considérables et qui ne s’en cache pas ? La simple évocation de la nuit par exemple, en finnois, est déjà promesse de baisers : elle se dit tout bonnement « yö » (prononcer [u-eu]), diphtongue admirable qui force les lèvres à s’avancer vers l’interlocuteur et dessiner un cœur. Mais il y a plus simple, le verbe aimer, « rakastaa ». Dans ce simple mot s’exprime toute la douce violence du sentiment amoureux : violence du r initial fortement roulé et du k, douceur des a (le a finnois est moins ouvert, plus voilé que notre a) qui se succèdent harmonieusement pour conclure le mot dans une sorte de long bâillement voluptueux.

Donnez des l au verbe aimer, vous vous ouvrirez les portes du septième ciel : le verbe « rakastella », formé sur le précédent, désigne en effet l’acte d’amour. Le bâillement final de « rakastaa » a disparu pour laisser place à des sons plus sautillants, plus aériens. C’est assez dire que la passion charnelle s’accomode finalement mal des bâillements, exigeant à l’inverse une alacrité certaine… A travers la langue finnoise transparaît donc toute une saine vision de l’érotisme.

Martin Carayol